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EDITORIAL 
 
 

La France subit une triple fracture, à la fois territoriale (entre zones de relégation et centres-villes), générationnelle (entre jeunes et moins jeunes) et sociale (entre ceux qui veulent ou peuvent accéder à l’emploi, et ceux qui n’y accèdent pas ou redoutent d’en être exclus).  

Tous ces symptômes graves confirment – s’il en était besoin - que les conditions de l’Egalité sont en effet loin d’être réunies aujourd’hui. Faut-il en outre rappeler le cercle vicieux ségrégation à l’école – ségrégation dans la ville, le niveau des écoles d'un quartier étant d'autant plus bas que celui-ci concentre des populations qui cumulent les inégalités et/ou immigrées, et qui sont désertés par les familles de classes moyennes pour échapper au diktat de la carte scolaire, l’absence de mobilité physique et sociale des habitants de ces quartiers de relégation, l’absence de diversité en entreprise ou dans la vie publique qui reflète le cumul des inégalités qui démarrent dès l’école primaire ? 

L’utopie de l’égalité – qui dépasse le clivage gauche-droite - est pourtant à notre portée. Elle suppose de passer d’une logique de moyens à une logique de résultat, en se fixant les objectifs que l’on souhaite atteindre, et en les évaluant. Enfin, il faut  viser l’égalité comme fin, et non pas uniquement comme moyen.  

Il est urgent que les responsables politiques, singulièrement ceux qui aspirent prochainement aux suffrages des français, érigent l’Egalité comme une vraie question nationale à l’instar de l’environnement ou de la dette publique. 

Concrètement pour corriger ces situations, l’action publique pour l’équité et la diversité doit en premier lieu avoir pour objet de rétablir l’accès égal pour tous à un parcours éducatif de réussite, à disposer d’un logement digne et à bénéficier de l’égalité de traitement pour l’accès à l’emploi d’une représentation juste et légitime dans la vie et les institutions publiques, le monde de l’entreprise, les médias, la haute administration et les corps intermédiaires, constitue une demande légitime car la France est un pays pluriethnique et ses élites doivent refléter cette diversité. Ce principe doit être le fondement de nos valeurs universelles – pour que l’Egalité devienne une réalité. Il n’y aura pas d’Egalité sans diversité. En outre, c’est pour une meilleure représentation du pays que l’on combat le racisme et les préjugés. C’est la condition du rétablissement du sentiment d’appartenance et de fierté nationale ainsi que d’une conscience civique collective. 

On ne peut que déplorer le mutisme total sur ce sujet primordial ainsi que le traitement symbolique et marginal de la diversité, même après les violences urbaines de l’hiver 2005. En dépit des déclarations, l’Egalité n’est en effet qu’une question de principe sans être un projet doté à la fois d’objectifs quantifiés ou d’une feuille de route.