PACTE NATIONAL POUR
L’ÉQUITÉ
Pacte à l’initiative de l’Association
IDE, Marianne de la diversité, Banlieues
– Respect, Votez Banlieue, CLE Nord pas de calais, Citoyenneté et
Démocratie, Jeunes Entrepreneurs de France
- De nouvelles
perspectives pour la rénovation urbaine et l’action anti-ghetto (une
loi cadre pour un renouvellement urbain intégré)
La crise du logement
affecte l’ensemble de la société française. Le Programme National
de Rénovation Urbaine (PNRU) est dans une nécessité pour laquelle
les moyens financiers doivent être accrus à la hauteur de l’enjeu
de la déségrégation des quartiers et de la mobilité de leurs habitants.
Le PNRU est une ambition qui incarne le refus de la fatalité de la
séparation spatiale et sociale dans notre pays.
La politique de la
ville – avec la création de l’Agence pour la Cohésion Sociale
et l’Egalité des Chances (ACSÉ) et de l’Agence Nationale pour
la Rénovation Urbaine (ANRU) – dispose certainement des instruments
pour mettre en œuvre des politiques publiques en faveur du désenclavement
physique des quartiers et de l’accompagnement des habitants, pour
la reconquête économique et sociale des quartiers. Toutefois pour
atteindre cet objectif, des ressources et des initiatives d’exception
sont nécessaires pour engager ce développement intégré. Une loi
devait compléter les textes cadres : loi relative à la solidarité
et au renouvellement urbain (2000), loi d'orientation et de programmation
pour la ville et la rénovation urbaine (2003), loi de programmation
pour la cohésion sociale (2005), loi de programmation pour l'égalité
des chances (2006) pour :
- Etablir l’ANRU comme
pilote de la politique de transformation des quartiers défavorisés,
avec une coordination institutionnelle entre l’ANRU et l’ACSÉ et
la mobilisation de l’ensemble des parties intéressées au renouvellement
urbain – y compris les acteurs privés,
- Soumettre les maîtres
d’ouvrage et/ou les porteurs de projet à une obligation de résultat
pour la prise en compte des conditions de mobilité des habitants, avec
le renforcement de la conditionnalité des crédits de l’ANRU à une
participation effective des habitants, à des critères de diversification
de l’habitat, à la déségrégation et la réussite scolaire et au
développement de l’emploi local,
- Imposer que tout PRU comporte
à minima la desserte des quartiers de relégation par une ligne de
bus ou de tramway, qui desserve les établissements scolaires des communes
socialement plus favorisées et les zones d’emploi,
- Instituer dans les communes
SRU qui font l’objet d’un constat de carence de logements sociaux
et ne mettent pas en œuvre les moyens d’y remédier, une obligation
de transmission au préfet des conditions d’exercice de préemption
sur des aliénations de parcelles,
- Doubler la subvention actuelle
de l’État – 5 milliards d’euros sur 8 ans - consacrée au PNRU,
pour faire face à l’ensemble des situations d’exclusion territoriale
et au financement des futurs engagements de l’ANRU,
- Etendre la liste des quartiers
éligibles aux subventions de l’ANRU – 535 quartiers à ce jour
– à l’ensemble des quartiers qui présentent des handicaps socio-économiques
majeurs,
- Soumettre le PNRU à une
évaluation renforcée, avec la création d’un tableau de bord qui
inclurait une grille de critères urbains, économiques et sociaux,
pour apprécier la cohérence d’ensemble des PRU.
- Ouvrir l’accès
aux parcours de réussite éducative
La répartition territoriale
inéquitable de l'offre scolaire – et notamment le nombre insignifiant
d’établissements généraux et de classes préparatoires dans les
quartiers défavorisés accroît le déterminisme territorial. Cette
situation s’aggrave et exige d’abord que le dézonage soit organisé
– lorsque c’est nécessaire– pour doter chaque élève d’un
droit à la mobilité et impose simultanément que soient :
- Assurée une meilleure
répartition territoriale des moyens financiers et humains, de l’offre
scolaire et des effectifs dans le cadre :
- d’une refonte de la carte
scolaire – à l’échelle du bassin scolaire - pour qu’elle assure
une offre diversifiée, qui permette le brassage des populations à
travers le regroupement d'établissements y compris privés de
niveaux divers;
- de la création d’une
agence nationale de l’éducation, dotée de moyens d’exception et
soumise à une obligation de résultats, qui aurait pour objectif d’assurer
que chaque établissement offre aux élèves un accès équitable à
un enseignement de qualité et aux filières d’excellence ; cette agence
financerait et accompagnerait des projets éducatifs d’établissement
intégrés et innovants, en lien avec les recteurs d’académie.
- Multipliées les passerelles
entre les établissements localisés dans les quartiers et ceux des
centres-villes, entre les établissements secondaires et les filières
prestigieuses, entre l'enseignement académique et les filières professionnelles :
- mettre en place d’un
système d’orientation renforcé et individualisé des élèves des
quartiers. La création d’un grand service de l’orientation –
sous la responsabilité des rectorats – devrait assurer un suivi personnalisé
des élèves, communiquer sur les métiers porteurs et assurer le lien
avec les entreprises et le monde du Travail.
- élargir le vivier des
classes préparatoires et des (grandes) écoles par un pré-recrutement
dès la première – fondé aussi sur les talents non académiques
des élèves. Ceux-ci bénéficieraient d'une remise à niveau pour
qu’ils intègrent une classe préparatoire ou une école qui dispose
de classes préparatoires intégrées. 20% des effectifs de cette filière
seraient pré-recrutés dans les établissements des quartiers défavorisés.
Des classes préparatoires devraient aussi être créées pour élargir
et multiplier les voies d’accès au sein des universités scientifiques
et de sciences humaines. Les promotions des grandes écoles devraient
être substantiellement accrues,
- établir les écoles, les
CES et les lycées comme des lieux de vie collective ouverts tard le
soir, le week-end et les jours fériés et pendant les vacances scolaires
pour permettre le soutien scolaire, la vie culturelle, l’échange
parents-enseignants, les activités sportives,
- créer un corps de soutien
à la réussite scolaire, notamment par l’appel aux seniors
- ouvrir l’accès aux établissements
des communes plus favorisées pour les élèves qui résident dans les
ZUS, avec la systématisation du ramassage scolaire et de moyens de
transport qui permettrait aussi aux enseignants les plus chevronnés
des établissements de centre ville de dispenser une partie de leurs
enseignements dans les quartiers défavorisés,
- instaurer un contrat de
transition école / université / entreprise - droit au retour –
qui permette à tout jeune qui a bénéficié d'un enseignement professionnel
de réintégrer à tout moment un cursus général. De même, un jeune
qui aurait quitté précocément le système scolaire, sans qualification,
doit bénéficier d’une deuxième chance par un accompagnement renforcé
– éducatif et matériel – d’au moins deux ans, soit par l’apprentissage,
soit dans la filière classique,
- imposer un quota de 5%
d’apprentis dans les entreprises de plus de 20 salariés,
- élargir les compétences
du Comité d’évaluation et de suivi de l’ANRU à celles de l’Agence
pour la Cohésion sociale et l’Egalité des chances, puis de l’Agence
pour la réussite scolaire. Ce comité élargi procéderait notamment
à toutes réflexions et études sur l’évolution de la carte scolaire
en s’appuyant sur la direction de la prospective et de l’évaluation
du Ministère de l’Éducation Nationale,
- confier à l’ACSÉ la
charge de mettre en œuvre ces dispositions en liaison avec le Ministère
de l’Éducation Nationale, et le service public de l’emploi.
- Pour un
accès équitable et facilité à l’emploi
Les discriminations
à l’endroit du sexe, de l’origine, de l’âge, du handicap, ont
établi comme règle l’uniformité à la tête des entreprises –
et des administrations publiques. Cette règle permet d’exclure les
profils atypiques et calcifie les inégalités à l’embauche
et la reproduction sociale des élites.
La Charte de la Diversité
mise en œuvre en 2004 constitue une étape de la prise de conscience
des enjeux de la diversité. Normaliser et organiser les
procédures en faveur de la diversité impose donc aujourd’hui :
- La Charte de la diversité
doit être transposée dans le Code du Travail (élargissant les dispositions
pour instaurer l’égalité professionnelle entre les hommes et les
femmes inscrites dans le code du travail – Chapitre III du Titre II
du Livre I - à la lutte contre toutes les formes de discrimination
et à la promotion de la diversité) et notamment :
- l’obligation d’inscrire
dans le bilan social des entreprises un chapitre descriptif de leur
engagement de non–discrimination et de diversité – coût global
de la politique de lutte contre les discriminations et en faveur de
la diversité, nombre d’heures de formation à la diversité, nombre
d’instances judiciaires engagées dans l’année et pour lesquelles
l’entreprise a été mise en cause,
- la mention de la diversité
comme un objectif prioritaire du droit à la formation en matière de
sensibilisation et de formation des dirigeants et salariés d’entreprise.
- L’Observatoire de la
parité doit être transformé en Observatoire de l’égalité et de
la diversité (auquel seraient associées les entreprises au sein d’un
comité représentatif) pour définir les bonnes pratiques de non discrimination,
égalité de traitement et de diversité, et mettrait des outils à
disposition des entreprises,
- Un label de la diversité
pourrait être créé en complément du label de l’égalité professionnelle
qui serait délivré par l’AFAQ – AFNOR, sur la base d’une certification.
Les critères seraient simplifiés et prendraient en compte les conditions
de mises en œuvre de la Charte, d’outils de recrutement transparents,
d’instruments de monitoring et la publication des résultats de l’entreprise
pour la diversité,
- Un accord normatif doit
être conclu entre le MEDEF et les syndicats (par branche), qui décrirait
les conditions d’un diagnostic, des objectifs, d’un plan d’action,
d’un label, des sanctions et des incitations en matière de
diversité,
- Des référentiels statistiques
ethniques locaux et nationaux doivent être constitués sur des bases
anonymes et volontaires, pour analyser l’étendue des discriminations :
par l’étude des écarts de salaire, la proportion dans les effectifs
et la régularité des promotions et des avancements entre les minorités
visibles et des populations de référence.
- Pour une
juste et légitime présence de la diversité française dans les champs
de représentation sociale
- Instaurer une représentation
proportionnelle des minorités visibles au Parlement et dans la vie
publique,
- Réformer la 3ème voie
d’accès à la fonction publique1
pour favoriser la diversité et permettre à des personnes issues du
monde associatif, syndical ou humanitaire d’accéder à la haute fonction
publique, sans déroger au principe d’un concours adapté comme la
loi le prévoit. Chaque promotion ferait l’objet d’un classement
pour l’octroi des postes en nombre limité. Une quotité minimale
(20% ?) des postes serait pourvue par cette voie. Une formation obligatoire
de deux ans pour les lauréats à ce concours serait instituée pour
les porter à un niveau équivalent à celui des lauréats des autres
voies,
- Recruter 25% des effectifs
des écoles militaires par un concours alternatif organisé au sein
d’universités périphériques,
- Obliger les médias à
une représentation équitable et non ethnicisée des minorités visibles
sur les écrans et dans les métiers de la production audiovisuelle
(et CSA) et à décrire leurs objectifs et actions en faveur de la diversité
dans leur rapport annuel aux actionnaires,
- Instaurer
un droit d’accès au crédit pour tous -
0 MD€
A chaque âge et selon
les revenus, la population française n’a pas accès au crédit dans
des conditions équitables sur tous nos territoires. L’économie,
l’emploi et les initiatives locales en souffrent.
Instaurer un cadre
législatif interdisant toute discrimination
– autre qu’économique - dans l’accès au crédit :
- Une loi anti- discrimination
qui instaure le droit d’accès au crédit pour tous
- Une législation qui
encadre les politiques menées pour l’accès du crédit à tous
- Une législation qui
oblige à la transparence et qui instaure un dispositif d’évaluation
statistique
Exiger que les banques
fournissent au régulateur une information statistique permettant ainsi
un traitement informatique immédiat. Ces données devront être conformes
à des standards de produits bancaires. L’analyse de ces données
par l’autorité de régulation sera utilisée pour vérifier l’application
des obligations prescrites par la réglementation. Elle permettra également
d’établir une information comparative sur divers aspects de la performance
sociale d’une banque. La qualité des données collectées devrait
permettre aux organismes de réglementation d'évaluer la conformité
à la loi non par l’examen des intentions affichées, mais par l’analyse
des résultats.
- Une législation qui
autorise la discrimination pour motif économique
Instituer la Banque
de France comme autorité régulatrice pour:
- Mettre en œuvre la loi
anti-discriminatoire
- Veiller au respect de la
loi en accompagnant les banques dans la mise en œuvre de politiques
menées en faveur d’un accès au crédit pour tous sur tous les territoires
- Évaluer à partir des
statistiques territorialisées fournies par les banques la conformité
de leur engagement vis-à-vis de la loi
- Sanctionner, en cas de
défaillance en associant les préfets, les maires et les consommateurs
des territoires concernés.
- Mettre en
œuvre le Small Business Act à la française
Malgré leur poids
économique, les PME française sont sous représentées dans tous les
secteurs clés de l’économie française – et notamment ceux de
l’innovation. Ces dernières soufrent d’un déficit d’accompagnement
financier et humain qui les empêche de bénéficier d’une assise
capitalistique suffisante pour se développer et faire face à la concurrence
internationale.
| Un
cadre juridique et administratif « sur mesure » |
- encadrer le développement
des PME par la création d’une Agence française pour les PME
qui aurait pour mandat d’appuyer, conseiller et assister les petites
entreprises, de défendre et protéger leurs intérêts dans le respect
de la libre concurrence
- faciliter le financement
des PME en s’instituant comme la garante des prêts qui leurs sont
attribués avec une mission de capital risque – par l’accès au
financement à long terme et l’ouverture du capital aux investisseurs
privés – pour soutenir la croissance des PME.
- veiller à ce que les PME
aient accès à une part équitable des contrats gouvernementaux –
notamment aux contrats publics à forte composante technologique (Ministère
de la défense, Ministère intérieur et de la santé, etc.)
- aider les entrepreneurs
dans la gestion, la formation et l’assistance techniques par la réforme
du statut des chambres et commerces et d’industrie.
|
| Des
financements à la hauteur de l’enjeu |
- 30 milliards d’euros
en 5 ans destinés au financement des PME (fonds publics, CODEVI) gérés
par des agences locales qui se porteraient caution auprès des institutions
bancaires et qui offrirait des services de prêts aux exclus du marché
du crédit « classique ».
- contribuer à garantir
les prêts des sociétés de capital risques homologuées pour faciliter
l’expansion des PME innovantes
|
| Une
simplification drastique des procédures |
- créer un bureau de défense
des intérêts des PME en faveur d’un assouplissement de la réglementation,
des mesures d’équité dans l’accès au marché du crédit à celui
de l’export, et des mesures en faveur de l’expansion des PME
- un guichet administratif
unique
- un « one stop shop »
(coordination des maisons de l’emploi, chambres de commerce et chambres
des métiers)
- une fiscalité simplifiée
et une suppression des charges, taxes, contributions ou prélèvements
les 3 premières années.
- des ressources de démarrage
gratuites
- des aides financières
facilitées
|
| Une
discrimination positive en faveur des PME |
- un accès aux marchés
et subventions publics avec une part réservataire de 25% pour les PME
- une part réservée des
marchés publics de R&D aux PME
- un renforcement des programmes
publics à forte composante technologique, dont une part des marchés
serait réservée aux PME afin de renforcer les capacités compétitives
des petites entreprises de recherche et développement.
- la création de centres
d’assistance aux exportations françaises Par une convention entre
l’Agence pour les PME et des instituts de crédit commercial international,
l’agence pourrait offrir un financement pour l’export par
le biais de crédit ou de fonds de roulement.
- le renforcement du rôle
des CCI pour qu’elles accompagnent le développement des PME (offrir
des formations et des ateliers, des programmes d’assistance technique
au développement d’entreprises, participer à la constitution des
dossiers de demande de crédit., organiser un monitorat autour d’un
réseau de cadres en fonction, de retraités ou d’entrepreneurs, mettre
en place un service de conseil par courriel et des services de conseil
en face à face, etc.)
- la promotion des PME au
niveau national comme à l’export en favorisant la localisation des
CCI aux côtés des universités pour qu’ils puissent faire le lien
entre le milieu universitaire, le secteur privé
- le cofinancement des 2
ou 3 premiers salariés recrutés
- l’inclusion de stagiaires
de la formation continue
- un accès libre et gratuit
à la recherche universitaire et publique
|
| Une
sécurisation individuelle pour la création d’entreprise |
- création d’un contrat
de transition professionnelle « entrepreneur»
|
| Des
programmes spécifiques |
- minorités, femmes, seniors,
aide à la personne
- pour les quartiers sensibles :
faciliter l’émergence d’un marché urbain en offrant aux entreprises
et notamment aux petits aménageurs privés – qui œuvrent pour la
revalorisation foncière des quartiers difficiles – des produits de
financement à long terme pour des immobilisations importantes comme
les terrains et les bâtiments et les autorités locales.
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